
Le directeur général de l’institut National d'Hépato-Virologie (INHV), le Pr Moustapha Mohamedou Mounah, a présenté sa démission de son poste, motivant cette mesure par ce qu’il a appelé la détérioration des conditions au sein de l'institut et le manque de soutien nécessaire pour assurer la qualité des soins de santé fournis aux patients.
Il a évoqué également d’autres raisons dont des « énormes difficultés » auxquelles l’institut est confronté, qui ont conduit à l’interruption de la plupart de ses services.
Les équipements sont vétustes, le stock de médicaments est insuffisant et le personnel médical est confronté à une pression croissante, a dit Ould El Mounah.
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Arriérés de salaires et aide gouvernementale réduite
Les retards dans le paiement des salaires des employés étaient devenus fréquents, ce qui avait impacté négativement la performance et l’engagement professionnel du personnel médical, a précisé le Professeur.
Il a critiqué aussi la baisse du soutien gouvernemental alloué à l'institut, rappelant la réduction en 2023 du budget réservé aux tests de laboratoire, avant d'être partiellement rétabli en 2024 après une intervention parlementaire.
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Échec des stratégies de lutte contre l’hépatite
La stratégie de lutte contre l'hépatite B, lancée en 2014, n'a pas été mise en œuvre comme prévu, malgré son importance dans la lutte contre la maladie qui touche près d’un demi-million de Mauritaniens, a poursuit le spécialiste.
Plusieurs partenariats internationaux visant à soutenir les efforts de lutte contre la maladie n’ont pas vu le jour en raison de l’incapacité à mobiliser des ressources financières auprès des autorités mauritaniennes compétentes, a-t-il dit.
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Appel à des solutions durables
Je ne peux plus « assumer la responsabilité de la gestion de l’institut » dans ces circonstances, a dit le Directeur général de l’institut au terme de sa déclaration de démission, disant qu’il préfère quitter son poste pour éviter d’être « un partenaire dans cette situation catastrophique ».
Le professeur Mounah a exprimé par ailleurs sa volonté de contribuer à faciliter le transfert des missions à la nouvelle administration, appelant les autorités à trouver des solutions durables pour sauver cette institution sanitaire vitale.
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À propos du centre.
L'Institut national des hépatites et de virologie de la capitale, Nouakchott, a commencé à fournir ses services en mai 2019.
Le centre a pour objectif de traiter les maladies virales du foie au premier stade et au deuxième stade par la transplantation hépatique, le dépistage et la formation dans le domaine du traitement et des missions de recherche pour des développements scientifiques dans ce domaine.
L'institut a été réalisé grâce au financement de la Fondation caritative SNIM, d'un montant de 1,6 milliard d'ouguiyas.
L'institut comprend plusieurs départements, dont : Un département clinique qui comprend des consultations, un laboratoire, des radiographies, des tomodensitométries, des blocs opératoires et des salles de détention, ainsi qu'un département de santé publique et un autre de recherche et de formation scientifiques.